Une exposition inédite de poissons fossiles du Liban

Maria PASCALIDES | 24/03/2016

Faune & Flore

Musée

Le musée mim expose, à partir du 8 avril, les poissons fossiles de la collection Mémoire du temps, appartenant aux frères Abi Saad. Ces spécimens, vieux de 100 millions d'années, sont pour la première fois présentés au public.

Banc de poissons-soleils, poissons-scies, requins, pieuvres, crevettes, calmars, écrevisses, une collection exceptionnelle composée de plus d'une centaine de pièces jamais montrées au public, sera exposée au Musée mim à partir du 8 avril. Certains spécimens que vous verrez sont des pièces uniques. Cent millions d'années nous séparent de ces poissons et crustacés qui ont vécu à l'âge où vivaient les dinosaures.
«Dans les montagnes qui surplombent la ville de Byblos, à Hakel, Hjoula, Nammoura, Sahel Alma et Kousba (plus au nord), s'étendent plusieurs carrières de pierre calcaire qui renferment les gisements de poissons fossiles les mieux conservés au monde, et la plus grande variété d'espèces», affirme Pierre Abi Saad, archéologue et paléontologue. Pas moins de 400 espèces de poissons et 50 de crustacés ont été identifiées. Ces fossiles présentent non seulement des parties dures comme les arêtes du poisson, mais aussi les parties molles, comme le corps de pieuvres fossilisées, par exemple. 75% des espèces fossilisées découvertes au Liban ont aujourd'hui disparu. Une chance pour les paléontologues qui retracent l'histoire évolutive des classes d'organismes depuis l'apparition de la vie.

Un patrimoine à partager
La famille Abi Saad travaille depuis quatre générations sur les gisements de fossiles situés, le plus souvent, dans leurs propriétés. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils dilapident le patrimoine.
Pierre Abi Saad, passionné de fossiles, précise: «Nous ne travaillons que 10% de la surface du gisement pour laisser le reste aux générations futures, qui auront d'autres méthodes de travail. Aujourd'hui, les fouilles sont réalisées couche par couche, pour ne pas casser les grands poissons. Puis, le spécimen exhumé est envoyé au laboratoire, où le fossile est minutieusement dégagé – un travail de haute précision qui occupe toute une équipe aguerrie à cet exercice. Une journée de fouille représente un mois de traitement en laboratoire. Chaque année, nous recevons des missions scientifiques du monde entier venant effectuer des fouilles et identifier les espèces exhumées. Nous conservons systématiquement les dix plus beaux spécimens de chaque espèce, pour la science mais aussi parce que c'est un patrimoine que nous voulons partager avec tous les Libanais. Le reste est vendu aux musées et aux collectionneurs.»

À savoir
Cette exposition est accompagnée de films d'animations expliquant le phénomène de fossilisation. Des films vidéo montrent aussi les gisements au Liban, le travail des archéologues et des paléontologues...

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