2002/11/23 Animaux menacés, arrêtez le massacre

22/07/2009

Faune & Flore

Dossiers

Animaux menacés, arrêtez le massacre

 
 
 
Sauver les espèces animales et végétales menacées d’extinction, tel est le but de la Conférence organisée à Santiago, au Chili. 2000 délégués de 160 pays se sont réunis pour tenter d’empêcher l’exploitation illégale et désordonnée de la faune et de la flore, qui peut aboutir à la disparition de certaines espèces.
 
 
 
A l’ordre du jour, le commerce des ivoires d’éléphants. L’interdiction de vendre l’ivoire, décidée en 1990 vient d’être levée, à condition que les ivoires proviennent d’animaux morts de mort naturelle. Ainsi l’Afrique du Sud, la Namibie, la Zambie, le Zimbabwe, pourront écouler leur stock de 80 tonnes d’ivoire. Mais pourra-t-on éviter les abus ? On sait qu’en Chine, par exemple, 130 pachydermes sont tués par an, dans un but de commerce illégal d’ivoires.
 
Quant auJapon, il s’est vu refuser l’interdiction de la chasse à la baleine. Montré du doigt,il chasse 540 baleines par an dans le but de projets qu’il qualifie de scientifiques.
 
Mais la baleine et l’éléphant ne sont pas les seules espèces menacées. La CITES, convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées, qui organise la conférence, en a répertorié 5000.
 
 
 
Trop d’animaux menacés
 
 
 
La moitié des 250 espèces de primates répertoriées est en danger. En cause, la déforestation qui détruit leurs habitats, la chasse illégale, les maladies, le commerce des singes vivants qui sont gardés en captivité dans d’atroces conditions, mais aussi dans certains pays ravagés par la guerre, comme le Rwanda, les gorilles sont parfois victimes de mines antipersonnel.
 
 
 
300 000 oiseaux de mer sont tués chaque année et 17 espèces d’albatros sont menacées d’extinction. Attirés par les appâts, ces oiseaux sont tués par erreur par les milliers de crochets suspendus sur une ligne de 130 kilomètres de long derrière un bateau pêcheur, souvent pirate. Les solutions existent : immerger la ligne, placer un épouvantail ou encore chasser de nuit, les albatros mangent le jour.
 
 
 
Les phoques sont sauvagement chassés surtout au Canada, en Norvège et en Russie. La moitié de leur population est condamnée à mourir. Les chasseurs les accusent d’être coupables de la diminution des stocks de poissons. Or, ces animaux ne mangent que 20 % des poissons destinés au commerce et débarrassent même les eaux des prédateurs de poisson, comme la poulpe. Victimes de la pollution, les bébés phoques qui ne savent pas encore nager meurent aussi noyés dans l’eau de la banquise qui fond trop tôt.
 
 
 
Les dauphins sont pêchés anarchiquement et vendus illégalement dans les pays de l’Est, avec des papiers garantissant leur survie… 15 jours. Ils meurent dans des bassins de fortune où ils sont placés, ils sont victimes de sécheresse dans les aéroports où ils sont transportés. Maltraités dans certains zoos, ils finissent disséqués dans des laboratoires. Or la chasse au dauphin doit être réglementée, car la disparition d’une mère et de son enfant (souvent chassés ensemble) perturbe l’équilibre de tout le groupe, vu que c’est la femelle qui assure la nourriture.
 
 
 
Les esturgeons sont appréciés autant pour leur chair que pour leurs œufs, le caviar. Ces poissons vivent dans les mers côtières intérieures, en Chine, Russie, Iran, Turquie. Il faut surveiller la commercialisation du caviar afin qu’elle ne dépasse pas la capacité de régénération de l’espèce. Une acquisition : depuis 1998, sur tous les produits issus de l’esturgeon (eau, chair, œufs), doit figurer la mention, CITES.
 
 
 
Parmi les 5000 espèces menacées figurent aussi les hippocampes (vendus comme bibelots), des tortues, des coraux, l’acajou, diverses espèces de cactus, d’orchidées, et des invertébrés, parmi lesquels un scorpion, très doux, capable de vivre comme un animal familier. Ce scorpion aurait même la réputation d’apprécier la compagnie des enfants.
 
La nouveauté de cette 12e conférence est la présentation d’un guide capable d’identifier 430 produits de la médecine traditionnelle asiatique fabriqués à partir d’espèces menacées. Ce guide décrit les caractéristiques des poudres provenant de la corne de rhinocéros, des os du tigre et du léopard, de la bile d’ours ou d’éléments de l’orchidée, entrant dans la composition de médicaments.
 
 
Mais il ne suffit pas de prendre des résolutions, il faut aussi les appliquer. La CITES propose un corps de police spécialisé chargé d’appliquer toutes les décisions prises lors des réunions. Les gouvernements doivent prendre la question au sérieux. Il faut se battre même si le problème est plus épineux dans certaines régions d’Afrique et d’Asie où sévissent des réseaux organisés et dangereux.

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