2007/03/10 Les premières libanaises

27/07/2009

Liban Société & Culture

Les pionnières libanaises


 


Jeudi, comme tous les 8 mars, la « Journée internationale des femmes » a été célébrée dans le monde entier. Instaurée par les Nations Unies en 1977, elle célèbre les progrès accomplis dans l’émancipation de la femme et la promotion de ses droits. « Les Copains » a enquêté sur les pionnières au Liban.


 


La tenniswoman, première sportive libanaise


Les premières femmes sportives libanaises apparaissent en public dans le tennis... que ce soit dans les clubs ou les championnats nationaux vers la fin des années 20. Evelyne Mattar, Marie Mattar, Nena Farah, mais surtout Vera Mattar championne du Liban de 1942 à 1962. Issue d’une famille de tennismen, elle jouait sur le terrain construit par son père à Aley et au Club Littéraire et Sportif durant l’hiver. Vainqueur du Championnat d’Égypte et à Ankara (Turquie) en 1948, elle est invitée à participer à Wimbledon.


 


Nina Trad, avocate au barreau


Première femme avocate, Nina Trad fut admise au Barreau le 6 janvier 1932, après de longs débats au Conseil de l’Ordre. Elle fut également la 1re femme membre du Conseil Municipal de Beyrouth. Mis à part les mesures d’hygiène et d’urbanisme, elle décida de fleurir la capitale et sa banlieue. Et en 1951, elle innovait lors de la campagne électorale de son époux, Charles Hélou. Après avoir dressé des listes d’électeurs favorables à son époux, elle demandait aux amis de leur assurer le transport jusqu’aux bureaux de vote. Résultat, il est élu en tête de liste.


Premières inscrites à l’ordre des ingénieurs, deux architectes : Anahid Mochayan (1957) et Madeleine Simonian (1958)


« Les Copains » a rencontré cette dernière, issue de la promo 1956. Après un bac littéraire au collège Saint Joseph de l’Apparition (il n’y avait pas de bac scientifique) et 6 mois sabbatiques durant lesquels elle visite l’Italie, elle décide de passer un bac scientifique (1949) et dans la foulée s’inscrit à l’ALBA pour suivre des études d’architecte. « C’était assez osé de s’aventurer dans ces études. Plusieurs femmes avaient abandonné » explique-t-elle. Au bout de 6 ans et demi, dont deux très théoriques avec cours de maths, béton armés, matériaux de construction et pas mal de difficultés au niveau des relations avec la flopée de garçons qui l’entourent, elle devient architecte. Embauchée à l’Urbanisme, elle dirige un bureau qui s’occupe de projets de construction et aménagement de municipalités, écoles, jardins publics… en dehors de Beyrouth.


Najla Naaman, première chirurgienne à 40 ans


Son parcours est truffé de rebondissements. Élève de l’école américaine de Saïda, elle quitte le Liban très jeune pour aller enseigner dans une école publique en Irak. Deux ans plus tard, elle reprend ses études jusqu’à l’équivalent de la terminale, travaille 4 ans et « rencontre » la médecine grâce à un oncle médecin qu’elle aide, un jour, à opérer à la maison. Elle suit des études de médecine à l’AUB, obtient son diplôme en 1955, et s’en va pratiquer en Arabie Saoudite, où les femmes médecins sont très recherchées pour soigner femmes et enfants. De retour au Liban, elle ouvre son cabinet, pratique durant quelques années et réalise l’importance de la spécialisation. Elle va se spécialiser en obstétrique et gynécologie aux États-Unis puis faire de la recherche à Montréal. Rentrée au pays, elle opèrera dans différents hôpitaux, souvent combattue comme chirurgien, métier jusque-là réservé aux hommes.


 


Myrna Boustany, enfin une femme députée


Jeudi 18 avril 1963, suite au désistement de son seul concurrent, Myrna Émile Boustany est élue d’office député du Chouf, au siège laissé vacant par le décès de son père. Âgée de 26 ans, elle devient la 1re femme députée du Liban. C’est aussi la benjamine de l’Assemblée. Licenciée en lettres, philosophie et psychologie, elle était mariée depuis 1958 avec Fouad El Khazen et mère de deux enfants.


 


La première Journée internationale des femmes

C'est Clara Zetkin, une journaliste allemande qui en est l'initiatrice. Elle a réuni à Copenhague, en 1910, une confédération internationale de femmes socialistes venues de 17 pays afin d'obtenir, en premier lieu, le droit de vote. La première Journée internationale des femmes, fêtée en 1911, a connu un grand succès. 30 000 femmes ont défilé dans les rues de Vienne pour l'occasion. Majoritaires sur terre, les femmes sont les premières victimes des inégalités. Sur 1,5 milliard d'êtres humains qui vivent dans la pauvreté, 70 % sont des femmes.

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