2010/09 L'éducation de jeunes défavorisés

20/12/2010

Liban Société & Culture

Des jeunes se bougent pour l’éducation !

 

L’éducation pour tous est un droit élémentaire pour un développement durable. Qu’en est-il du Liban ? Trois élèves de classe de 2nde au collège Louise Wegmann ont planché sur le sujet et mené des actions citoyennes.

 

Au Liban, tous les enfants n’ont pas la chance d’aller à l’école. Pour comprendre le problème, Claudia Bergqvist, Loulwa Beydoun et Marylis Moubarak ont mené une enquête. Leur travail s’inscrit dans le cadre d’un projet scolaire pour « L’éducation à l’environnement pour un développement durable ». 

Nos trois lycéennes ont commencé par localiser les quartiers pauvres de la capitale. C’est sur Hay el-Gharbi, un des quartiers les plus défavorisés, que leur choix s’est arrêté. La visite du bidonville leur a permis de toucher du doigt la misère. « Sorties de notre bulle d’enfants nantis, nous avons découvert avec effroi, un bidonville sous-équipé et insalubre. » (Maylis)

 

L’inégal accès au savoir

 

 

La pauvreté est le premier frein au développement car elle empêche l’accès à  l’éducation. Les recherches menées par les trois jeunes filles ont confirmé l’inégalité d’accès au savoir au Liban. Des différences existent sur le plan confessionnel : Les chrétiens sont les plus éduqués, les apatrides, principalement musulmans, le sont nettement moins. De plus, 50% du total des élèves scolarisés sont inscrits dans les écoles privées alors que le secteur public ne comprend que 40% et les écoles privées subventionnées reçoivent le reste. De nombreuses familles pauvres retirent leurs enfants très jeunes de l’école pour les faire travailler. De plus, la mauvaise organisation du secteur de l’enseignement public ne motive pas les enfants en difficulté qui fuient l’école. L’Etat a beaucoup à faire dans ce domaine.

 

Actions citoyennes

 

À Hay el-Gharbi, l’association Tahaddi a aménagé un centre d’éducation qui reçoit, chaque année, 60 à 70 élèves âgés de 8 à 14 ans. « En 6e, nous avions collaboré avec cette association, se souvient Claudia. À l’époque, Marylis et moi avions organisé une vente de gâteaux et leur avions remis l’argent gagné. Cette fois-ci nous voulions faire plus ! »

 « À partir d’un dessin conçu par une graphic designer, nous avons peint la jungle sur les murs gris de la cour de l’infirmerie, pour mettre de  la couleur dans le bidonville. Nous avons lancé une campagne pour collecter trousses et crayons de couleur qui ont fait la joie des enfants du centre. Enfin, pour les divertir, nous leur avons organisé des jeux et leur avons présenté un spectacle de marionnettes. Il fallait apporter un plus dans leur quotidien. Nous avons réussi. Le courant est très vite passé entre nous », souligne Loulwa.

 

Le prix Charles Chemali

Le projet de Claudia Bergqvist, Loulwa Beydoun et Marylis Moubarak  a remporté le prix Charles Chemali dont la devise est  « Comprendre pour agir ».

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