2010/11 La vallée de Qadisha

20/12/2010

Liban Patrimoine

qadisha_site.jpgLa vallée de Qadisha possède un patrimoine naturel, culturel et spirituel remarquable. Elle est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial. Une opportunité pour un développement durable de la région.

Entourée de versants abrupts, la vallée de Qadisha a été longtemps un lieu de refuge et de méditation. Parmi les 29 grottes naturellement creusées dans les versants, certaines ont été utilisées, il y a plus de 3000 ans, comme abris ou tombes. À partir du VIIe siècle, elles furent un refuge pour les premiers maronites qui fuyaient les persécutions religieuses, avant de servir d’ermitage aux moines en quête de solitude et de méditation. La vallée devait devenir, à partir du XVe siècle, le siège du patriarcat maronite et le rester pendant 400 ans. La forte concentration de monastères (4 principaux: monastère de Qannoubine, le plus ancien, le monastère de Quzhaya, le monastère de Mar Lichaa et le monastère de Notre-Dame de Hauqqa) et d’ermitages rupestres ont contribué au fil du temps à donner à la vallée un caractère sacré. Tout autour des grottes et des monastères, les moines et les ermites avaient aménagé des terrasses pour cultiver l’olivier, la vigne et les céréales et subvenir à leurs besoins. Ce paysage culturel vivant, d’une valeur universelle exceptionnelle, ainsi que l’importante diversité biologique qu’elle abrite, ont conféré à la vallée une valeur ajoutée culturelle et naturelle. La vallée a été inscrite, le 2 décembre 1998, sur la liste du Patrimoine de l’Unesco.

Malheureusement, depuis le classement, aucune action concrète n’a été entreprise pour protéger le lieu.

                                                                                       

Un patrimoine à préserver sans plus tarder

On déplore la dégradation du paysagede la vallée: constructions anarchiques, extension de restaurants, pollution visuelle croissante (dépôts sauvages d’immondices), rejet des eaux usées. Des véhicules tout terrain sillonnent les sentiers pédestres. Les touristes ne respectent pas le caractère sacré des lieux. Le site pourrait être bientôt rayé de la liste du Patrimoine .

Riyad Keyrouz, architecte et directeur exécutif de «La communauté pour la sauvegarde de la vallée de Qadisha* » assure que l’association travaille avec les ministères de la Culture et de l’Environnement pour sauvegarder le site. « Les habitants de la région doivent réaliser que la Qadisha est avant tout un haut lieu de prière et de pèlerinage. C’est un paysage naturel vivant qui doit continuer à exister selon sa propre identité. Toute activité, tout développement qui ne tient pas compte de cette dimension spirituelle mènerait à sa destruction.» Une campagne d’information et de mobilisation doit donc s’organiser pour faire comprendre à la population locale l’importance de ce patrimoine et la nécessité de le protéger.

« En dynamisant les acquis du territoire et en optant pour un développement durable de la région, on pourrait améliorer les conditions de vie des habitants de la vallée tout en préservant ce lieux.» ajoute M. Keyrouz. Ainsi, le développement de l’agriculture traditionnelle biologique permettrait une reprise de la vie quotidienne dans la vallée. Elle pourrait offrir des opportunités à l’essor du tourisme en fournissant des produits locaux. Encourager les activités écotouristiques et le tourisme réfléchi et responsable permettrait de préserver le milieu naturel tout en participant à la dynamisation de l’économie locale par la participation des familles aux différentes activités : accueil, hébergement, restauration, artisanat local…

 

* La Communauté regroupe des ONG et les propriétaires de terrains dans la vallée : Église maronite, municipalités et particuliers.

 

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