Ebola : le monde en alerte

Cynthia Stephan | 02/09/2014

Santé

Le personnel médical se prépare à Hong Kong après une fausse alerte à l’Ebola. Cette ville de quelque 7 millions d'habitants reste marquée par l'épidémie de pneumonie atypique (Sras) qui y a fait 300 morts il y a 11 ans. REUTERS/Tyrone Siu

Afrique

L'épidémie, déclarée en Guinée, est la plus grave depuis la découverte, en 1976, en Afrique Centrale du virus, qui se transmet par contact direct.

Les pays d'Afrique de l'Ouest intensifient leurs efforts contre l'épidémie d'Ebola responsable de plus de 1500 morts dans 4 pays. L'organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà recensé 1.552 morts sur 3.069 cas détectés au Liberia, en Guinée, en Sierra Leone, au Nigeria et, depuis vendredi, au Sénégal où un premier patient a été confirmé, un étudiant guinéen ayant échappé à la surveillance dans son pays.

État d'urgence

L'épidémie, déclarée en Guinée, est la plus grave depuis la découverte, en 1976, en Afrique Centrale du virus, qui se transmet par contact direct avec le sang et des liquides biologiques de personnes ou d'animaux infectés. La fièvre Ebola est hautement contagieuse et son taux de décès varie de 25 à 90 %. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) évoque une « urgence de santé publique de portée mondiale ».

L'état d'urgence sanitaire a été instauré dans plusieurs pays. Ces mesures bouleversent le quotidien : lieux de loisirs fermés, déplacements limités, transport et distribution de produits de base perturbés. Par peur de l'épidémie, d'autres pays ont fermé leurs frontières.

Les appels se sont multipliés ces derniers jours en faveur de mesures d'exception, de prévention ou de mise à disposition de moyens extraordinaires, y compris l'éventuelle utilisation de traitements curatif ou préventif encore expérimentaux, en cours de développement dans des laboratoires occidentaux. Les pays touchés espèrent pouvoir recourir à un anticorps expérimental ou à un vaccin en cours d'élaboration. Il n'existe pour l'instant aucun traitement ou vaccin spécifique contre la fièvre Ebola.

Mince lueur d'espoir

Des chercheurs japonais ont indiqué mardi à l'AFP avoir développé une nouvelle méthode pour détecter la présence du virus Ebola en 30 minutes, avec une technologie qui pourrait permettre de diagnostiquer rapidement l'infection même dans des pays où les équipements font défaut.
Certains États ont souhaité pouvoir utiliser un anticorps expérimental développé aux États-Unis, le ZMAPP, jamais testé sur l'homme et qui a été administré à deux Américains infectés au Liberia. Ces deux personnes ont été transférées aux États-Unis et mises en quarantaine. Un prêtre espagnol contaminé au Liberia et rapatrié à Madrid devrait bénéficier du sérum expérimental, dont l'Espagne a autorisé l'importation.

Enfin, un traitement préventif contre Ebola mis au point par le laboratoire britannique GSK pourrait faire l'objet d'essais cliniques en septembre et, s'ils sont concluants, être disponible courant 2015, d'après un responsable à l'OMS.

De Monrovia à Hong Kong, cette épidémie sans précédent continue d'inquiéter. L'épidémie du virus Ebola a mis le monde entier en alerte.

 

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