Couples mythiques de l’Antiquité

Patricia ANTAKI-MASSON | 26/03/2015

Patrimoine

Eros et Psyché. Figurine hellénistique de Kharayeb. Photo Paul Karim Habet © Ministère de la Culture/DGA.

Mythologie

Qu'il s'agisse d'amours éphémères ou éternelles, la mythologie antique foisonne de couples, certains célèbres, d'autres moins connus.

Durant les périodes hellénistique et romaine, la représentation de couples divins était très en vogue. Pierre, terre cuite, métal, autant de matériaux qui ont servi à mettre en scène l'union amoureuse sous forme de motifs décoratifs, de peintures ou de figurines.

 

Eros, génie ailé de l'Amour

Photo Karim Paul Habet © Musée AUB.

L'Eros grec, le Cupidon ou Amour romain est un dieu qui fait chavirer les cœurs depuis la nuit des temps. Il existe plusieurs versions concernant l'origine du dieu, mais la tradition grecque la plus courante en fait le fils de Vénus, déesse de l'Amour et de la Beauté. En raison de ce qu'il incarne, il est abondamment représenté dès le Ve siècle avant J.-C, en particulier aux époques hellénistique et romaine. Que ce soit sous forme de sculpture, de bas-relief, de mosaïque ou de peinture, il figure toujours sous les traits d'un enfant ou d'un jeune homme, nu et ailé, décochant à tout va des flèches qui rendent amoureux.

 

Parfait amour entre Psyché et Eros

Photo Karim Paul Habet © Musée AUB.

De nombreuses figurines antiques en terre cuite s'enlaçant et s'embrassant tendrement mettent en scène le couple amoureux par excellence : Eros et Psyché. L'écrivain latin Apulée en relate le mythe, une longue histoire à rebondissements. Eros, dieu de l'Amour, s'éprend de la belle princesse Psyché, en se blessant par mégarde avec l'une de ses propres flèches. Il l'épouse en cachette mais lui demande de ne pas chercher à voir son visage ni à connaître son identité. Psyché perce toutefois le mystère et celui-ci, furieux, l'abandonne. Elle est alors soumise à toutes sortes d'épreuves de la part de Vénus au terme desquelles les amants seront à nouveau mariés. De leur union naîtra Volupté, le plaisir. Ce mythe est considéré comme l'allégorie de l'âme, Psyché en grec, souvent représentée avec des ailes de papillon, à la recherche de l'amour divin, Eros. Outre les innombrables statuettes des deux amoureux, on peut voir sur une mosaïque provenant d'une riche demeure de Byblos Eros s'apprêtant à décocher sa flèche et Psyché tentant de l'esquiver.

 

La déesse poliade de Beyrouth très convoitée

Fille d'Océan et de Thétys selon certaines versions et fille d'Aphrodite et d'Adonis selon d'autres, la belle nymphe Béroé, qui a donné son nom à la ville romaine de Berytus, a fait chavirer bien des cœurs. Zeus la remarque mais accepte de la céder à son frère Poséidon, dieu de la mer, qui en était également épris. Celui-ci devra toutefois affronter en combat naval un autre soupirant, Dionysos, dieu du vin, et se faire aider par son frère pour conquérir la belle. Une tumultueuse histoire représentée sur des pièces de monnaie romaines de Beyrouth du IIIe siècle.

 

Pourquoi une fête des amoureux le 14 février?

Cette date remonte sans doute à l'Antiquité. C'est entre la mi-janvier et la mi-février que les Grecs célébraient le mariage sacré de Zeus et Héra. Par la suite, les Romains fêtaient le 15 février Lupercus, le dieu de la fécondité.

 

 

Jupiter, un incorrigible séducteur

 

Jupiter séduit Antiope

Jupiter, dieu des dieux, jette son dévolu sur une mortelle d'une incomparable beauté, la fille du roi de Thèbes, la princesse Antiope. Pour parvenir à ses fins, et ne pas éveiller les soupçons de son épouse Héra, il se déguise en satyre ou dieu champêtre.

 

Danaé, l'amour comme s'il en pleuvait

Assise, Danaé écarte son voile pour recevoir la pluie d'or. Mosaïque de Beyrouth.

La Pythie lui ayant prédit qu'il serait tué par son petit-fils, le roi grec d'Aros enferme sa fille Danaé dans une tour de bronze défendue par des chiens féroces. Mais Zeus qui a plus d'un tour dans son sac réussit à s'introduire par une ouverture sous la forme d'une pluie d'or. De ces amours naîtra un fils, Persée. Le sens symbolique de ce mythe est celui de la terre souffrant de sécheresse sur laquelle une pluie fertilisante descend du ciel.

 

Un cygne pour Léda

Léda résiste aux avances du cygne. Mosaïque de Tyr.

Encore une conquête de Jupiter ! Cette fois-ci il s'agit de Léda, fille du roi grec d'Etolie. Pour parvenir à ses fins, c'est en cygne que se transforme le dieu amoureux. La princesse qui se baignait au bord d'un fleuve accueille dans ses bras le majestueux oiseau qui la couvre de caresses. De cette étreinte, deux jumeaux naissent d'un même œuf, Hélène et Pollux.

 

La chevauchée fantastique d'Europe

Europe, emportée par Zeus. Mosaïque de Byblos.

Europe, princesse phénicienne de Tyr, inspira, elle aussi, une forte passion à Zeus. Pour s'approcher d'elle sans l'effaroucher, alors qu'elle se trouve sur la plage de Sidon, il se métamorphose en un beau taureau blanc et se mêle au jeu de la princesse et de ses compagnes. Europe, enhardie, finit par s'asseoir sur son dos. C'est alors que le dieu s'élance vers la mer et l'emmène jusqu'à l'île de Crète.

 

Ganymède, l'idylle masculine de Zeus

Ganymède et Jupiter. Mosaïque de Tyr.

Ganymède était prince de Troie et selon l'Iliade le plus séduisant des mortels. Alors qu'il garde un troupeau près de la ville de Troie, Zeus, épris par son charme, se métamorphose en aigle, l'enlève dans ses serres et l'emmène sur l'Olympe. Le prince devient alors l'échanson des dieux : il leur sert le nectar et l'ambroisie qui les rendent immortels. Mais en raison de la jalousie de sa femme, Héra, Zeus finit par se séparer de son amant tout en prenant soin de le placer dans le ciel, dans la constellation du Verseau, le porteur d'eau, où on peut toujours l'admirer. Ganymède, reconnaissable à son bonnet phrygien, surpris par l'aigle qui s'apprête à l'emporter dans les airs, a laissé tomber son pedum ou bâton et sa syrinx ou flûte de Pan.

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