Le musée des souvenirs

Camille JEANJEAN | 28/05/2015

Patrimoine

Musée

Entretenir la mémoire des jeunes générations, c'est ce que Mohamed Khatib, Palestinien, propriétaire du musée des souvenirs à Chatila tente de conserver.

À peine entré dans cette caverne d'Ali Baba, Abou Khatib, très hospitalier raconte avec passion son initiative au jour le jour. Créé en 2005, le Musée réunit près de 1180 pièces ayant appartenu à des familles palestiniennes fuyant leur pays en 1948 pour se réfugier au Liban. Les objets ont été transportés souvent à pied ou à dos de mulet de leurs villages natals à leurs maisons libanaises. Mohamed parcourt tout le pays, de Tripoli à Saida en passant par les différents camps palestiniens à la recherche d'objets, d'ustensiles, d'œuvres, d'écrits. Il reçoit des dons, et parfois il est obligé d'acheter ou d'échanger. C'est pour lui une nécessité. "Les pièces racontent les histoires de la Palestine" confit-il.

Des objets qui racontent le passé

Au mur, on trouve des outils d'agriculteur que son père a fabriqués avec ses mains. Un miroir qui vient de Gaza, qui a voyagé jusqu'en Égypte pour arriver au Liban. Des lampes à huile, des plateaux sont entreposés et cachetés du nom de la famille, propriétaire. Des ustensiles de maison, et des tapis colorés remémorent le moment du repas des familles. Dans une armoire en verre, sont rangées deux coupes, les deux premières pièces de sa collection. Aussi, il y a des grosses et petites clés ayant appartenu aux familles avant 1948 pour ouvrir la porte de leur maison. La clef est un symbole du retour chez les Palestiniens. Deux maquettes de maisons ont été fabriquées à l'identique de celles de leur ancien propriétaire. Puis enfin des photos et des lettres qui racontent avec ferveur un temps passé.
C'est vrai que Mohamed est du genre à ne pas être avare sur les histoires à raconter, chaque objet est étiqueté. Il les connaît tous. Certains ont été fabriqués par d'autres nationalités. Finalement, « mon musée c'est aussi l'héritage de l'humanité » avoue-t-il.
« Beaucoup de familles donnent leurs biens et croient en ce projet, mais je peine à être véritablement soutenu ». Effectivement, même si plusieurs ONG accompagnent les enfants au Musée, il manque de partenaires qui rendent ce projet durable.
Les enfants de son quartier viennent régulièrement lui rendre visite. Pour eux qui n'ont jamais connu leur pays d'origine, la Palestine reste une terre inconnue, un mythe. Grâce à ces objets, ce musée des souvenirs leur rappelle quelles sont leurs traditions et d'où ils viennent. Dans un sens, c'est leur droit de se souvenir.

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