Mission accomplie

Médéa Toubia | 28/05/2015

Sport

Participer à la course mythique du « Marathon des Sables » dans le Sahara sud-marocain pour sauver dix enfants d'abus sexuels, psychiques et physiques et les remettre dans le giron de l'AFEL, voilà le défi que s'est lancé Ghassan Hajjar. Et il l'a réussi.

Sportif à ses heures perdues, amateur de rugby, promoteur immobilier et père de famille de 47 ans, rien ne prédisposait Ghassan Hajjar à s'inscrire à l'une des courses à pied, la plus dure au monde : 250 km de crêtes, de canyons et de oueds sablonneux à parcourir en 6 étapes pendant 7 jours, sous une chaleur écrasante, avec un sac à dos contenant 4,5 kg de repas lyophilisés (déshydratés), 2 litres d'eau à chaque départ et 4,2 kg de matériel.
Mais c'est mal connaître le personnage qui n'hésite pas à faire preuve de volonté, de discipline, de persévérance, en un mot à se surpasser et à pousser loin ses limites, lorsqu'il s'agit d'effacer les souffrances d'autrui. Sa décision prise, Ghassan s'entraine à raison de 100 km de course par semaine pendant 6 mois sur tous types de terrains avec une charge de 8 kg sur le dos.
Départ sous les couleurs de l'AFEL
Sensibilisé depuis toujours à la mission de l'AFEL, Ghassan lance un appel aux donateurs et crée une déferlante médiatique autour de l'association. Son projet : Courir pour un but caritatif. Séduits par ce marathon qui a du cœur, des milliers de personnes contribuent à la collecte de dons entièrement versés au profit du sauvetage des enfants victimes de violences.

Magnifique challenge
La course finie, Ghassan est accueilli triomphalement à son retour. Pour Junior, il raconte : « L'itinéraire, la nature du terrain étaient toutes en surprises. Je devais chaque jour revoir mon approche de cette course et la manière de la gérer. » De quoi a-t-il souffert ? « D'ampoules aux deux pieds à partir du 2e jour et de douleurs au bas du dos. » La plus difficile des étapes ? La 4e : « 92 km sans m'arrêter, soit 21,5 heures de course, avec juste une lampe frontale pour m'éclairer la nuit. L'étape du combat ultime entre le mental et le physique ». Ce qui l'a motivé et l'a aidé à tenir ? « Le refus total de décevoir ma famille, mes enfants et l'AFEL ». Un parcours pittoresque ? « La richesse des paysages et les reflets de la pleine lune sur les dunes de sable ? Sublime. » La meilleure surprise ? « Une bouteille de Coca Cola à l'arrivée des 92 km ». La plus mauvaise ? « On n'a eu droit qu'à une seule bouteille ». La plus inattendue ? « Me retrouver sous une tente avec une personne qui habite un petit village de 200 habitants (à 50 km de Paris) où je me suis marié il y a 21 ans ».
L'arrivée ? « Un grand soulagement et pas mal de larmes ». Objectif atteint ? « Oui, j'ai fini la course. L'essentiel est de rester concentré sur la réussite de la campagne de relevé de fonds au profit de l'AFEL et de décupler sa visibilité ».

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