Non à l’abus des mineurs

Stéphanie Jabre | 24/11/2017

Actu Ados

Journée mondiale

Le 19 novembre, Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants : l'occasion pour « Himaya » de redoubler ses campagnes de prévention, et de solliciter les jeunes et les adultes, témoins de maltraitance, à agir.

1742 cas d'abus contre mineurs ont été traités par l'ONG «Himaya» en 2016, contre 1278 en 2015 et 711 en 2014. La question est donc urgente. Depuis 2009, «Himaya» lutte contre ce fléau de la maltraitance envers les enfants, et œuvre pour faire de la protection de l'enfance un droit à travers le Liban. Comment? En favorisant un environnement propice au développement des enfants, en assurant leur protection globale, et en prévenant les abus dans toutes les régions. «Nos équipes de spécialistes sont implantées sur tout le territoire libanais pour pouvoir aider le plus grand nombre de mineurs (0 à 18 ans), quelle que soit leur religion ou leur nationalité», explique Lama Yazbeck, directeur exécutif à «Himaya». Nos principales interventions se font à travers deux programmes: le programme de résilience et le programme de prévention.
Ce dernier assure sur le terrain des conférences d'éveil, des formations sur diverses problématiques liées à l'abus telles que la santé, la violence, la communication, les types d'abus, etc. Les spécialistes peuvent alors détecter et référer les cas d'abus au programme de résilience, et apprendre aux enfants comment traiter avec un abuseur. «Ce programme permet surtout la détection de 40% des cas», précise Lama. Quant au programme de résilience, il prend en charge les victimes d'abus ainsi que leurs familles qui souffrent, en leur offrant un accompagnement psychologique, psychiatrique, social et judiciaire selon la gravité du cas accueilli. «Ce programme assure un suivi auprès des enfants afin de les aider à récupérer leur bien-être personnel et social, afin qu'ils puissent continuer à grandir dans les meilleures conditions favorables à leur épanouissement», poursuit-elle.

Informe-toi
Il existe principalement quatre types d'abus, auxquels Himaya sensibilise la population, et en protège les enfants victimes:
– L'abus physique: la violence physique engendre des traces durables sur le corps d'un enfant, et peut mener à la mort dans certains cas graves. La douleur des blessures, brûlures ou fractures, provient de violences subies telles que l'utilisation délibérée de la force sur le corps d'un enfant, en lui donnant des gifles, des coups de pied, etc. des empoisonnements, des brûlures, des objets lancés sur lui, ou des secousses traumatisantes.
– L'abus émotionnel ou psychologique: les attaques verbales, la dépréciation, les reproches ou les humiliations constantes faites à l'enfant, l'isolement ou l'intimidation sont des exemples d'un abus émotionnel. On parle aussi de négligence émotionnelle, quand l'enfant ne reçoit aucun câlin de ses parents, ou autre signe d'affection nécessaire à son développement. Ignorer continuellement un enfant, l'humilier, le menacer, lui crier sans cesse dessus, le manipuler, l'effrayer et le dévaloriser sont des actes qui peuvent terriblement nuire à la santé émotionnelle de l'enfant et à son bon épanouissement.
– L'abus sexuel: les enfants sont abusés sexuellement lorsqu'ils sont forcés ou persuadés à prendre part à des activités sexuelles. Même si l'enfant ne comprend pas ce qui lui arrive et ne proteste pas, cela ne veut jamais dire qu'il est consentant. L'abus sexuel peut se faire en ligne, sans contact physique. Il ne comprend pas seulement une agression sexuelle violente mais aussi d'autres activités sexuelles comme des gestes inappropriés, des viols, des attouchements, une exposition de l'enfant à une pornographie ou à des actes sexuels, des prises de photographies d'un enfant dans des poses sexuelles, etc.
– La négligence: c'est l'échec à satisfaire les besoins et les droits fondamentaux de l'enfant comme, par exemple, sa nourriture, ses vêtements, son hygiène, sa santé et sa protection contre des dangers potentiels. Un enfant négligé est surtout plus vulnérable à être maltraité et à souffrir d'autres formes d'abus déjà citées.

Implique-toi 
«Nous comptons beaucoup sur les jeunes partout au Liban, afin qu'ils deviennent des agents actifs dans leur communauté, et les partenaires de "Himaya", lance Lama Yazbeck. Le principal message que l'on voudrait leur transmettre, c'est de ne jamais cacher une situation alarmante dont ils ont été témoins, mais de la raconter pour sauver un enfant victime d'abus. Même si vous ne connaissez pas l'enfant, n'ayez pas peur de dénoncer ce que vous avez vu ou entendu. C'est notre responsabilité à tous. Surtout, soyez sûrs que lorsque vous signalez un cas, votre déposition reste anonyme, on ne vous demandera jamais qui vous êtes. Donc cela ne vous impliquera dans aucun danger. L'unique souci de "Himaya" n'est pas d'arracher l'enfant du sein de sa famille, mais de le protéger contre toute forme de maltraitance», conclut-elle.

«Youth groups»
De nombreuses initiatives de jeunes ont vu le jour afin d'aider «Himaya» à collecter des fonds ou à sensibiliser la société aux dangers de l'abus des mineurs. Un groupe à Zahlé a participé à la campagne «Our wrist bands» en vendant des bracelets créés par «Himaya», afin de collecter des fonds pour l'association. Dans un collège, des élèves ont créé une page Facebook en partenariat avec «Himaya», afin de dénoncer le «Bullying». D'autres ont contribué à la campagne «Birthday for a change» lancée par l'association, qui consiste à ne pas recevoir des cadeaux pour leurs anniversaires, mais plutôt de l'argent qu'ils verseront à «Himaya». D'autres ont lancé des messages d'éveil à travers des graffitis. L'association croit beaucoup en l'influence plus rapide des jeunes dans la transmission de messages de prévention à d'autres jeunes. Les groupes sont choisis selon leur engagement dans leur école, ou mouvement. Ils sont encadrés par une équipe de « Himaya » qui leur assure une formation. Ils deviennent ainsi des acteurs actifs de protection dans leur région.

Pour former un groupe d'action, envoyer votre demande à l'adresse suivante:
[email protected]

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